Qu'est-ce que la vie monastique ?

Le monachisme remonte aux premiers siècles de l’Église. Il émane en droite ligne du Christianisme.

Dès son apparition, il semble faire preuve d’une immense diversité autant que d'une puissance spirituelle irrésistible.

Manifestement, il ne relève pas de la volonté particulière d’un fondateur en vue d’une œuvre spéciale, et il est bien difficile de lui assigner un commencement précis.

Une source

Ce qui est certain, c'est que ce genre de vie est proprement évangélique.

Né de l'Évangile, comme spontanément, sans désir explicite de fondation et encore moins d’innovation, le monachisme apparaît en divers points de la Chrétienté, si bien que l’on doit y voir une impulsion générale du Saint-Esprit au cœur même de l’Église.

Le premier âge de ce puissant mouvement spirituel nous est connu à travers une vaste littérature présentée par les meilleurs auteurs de l’antiquité chrétienne.

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Des hommes

Des hommes comme saint Antoine le Grand entendirent l’appel à la perfection lancé par le Christ :

« Entré dans l'église au moment où on lisait l'Évangile :

Si tu veux être parfait,

vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres,

et viens, suis-moi :

tu auras un trésor dans le Ciel !

 

Antoine regarda comme envoyé par Dieu ce qu'il avait entendu de l’Évangile, comme si ces paroles n’avaient été lues que pour lui. »

En réalité, cet idéal de perfection évangélique a toujours existé dans l'Église, même avant saint Antoine.

 

Dès avant le 4e siècle, il était vécu intensément, à la suite du Christ, des Apôtres et des Martyrs, par des ascètes, des vierges et des veuves qui demeuraient dans le cadre des communautés chrétiennes locales, dans les villes et les bourgs.

Ces chrétiens s'adonnaient, de manière plutôt individuelle et indépendante, à une pratique aussi littérale que possible de l'Évangile.

 

La vie monastique commence lorsque nombre d’entre eux se séparent résolument des autres hommes et gagnent les déserts.

Ce mouvement s'explique en partie par une réaction contre un certain relâchement qui s’était emparé des croyants à la fin des persécutions.

Mais la véritable raison fut et reste, aujourd'hui comme alors, toujours la même fondamentalement :

la recherche de Dieu implique, d’une façon ou d’une autre, une séparation d’avec le monde.

Une source,
         Des hommes,
                    Une tradition.
 
 

Saint Antoine (+356) n’est pas le premier moine. Il est le premier dont le mode vie ait été décrit dans le détail - et de la sorte universellement canonisé. Il est le premier à avoir laissé un enseignement déterminé à des disciples.

Cette première doctrine monastique est contenue dans la Vie de saint Antoine écrite par saint Athanase, dans ses Lettres et dans les Apophtegmes qui lui sont attribués.  Elle demeure la règle vivante et la force directrice à travers toute l’histoire du mouvement monastique. 

La vie monastique est un gigantesque mouvement spirituel. 

Répandue tout d’abord en Égypte et en Palestine, elle s’étend très vite à l’ensemble de la Chrétienté.

Peu à peu, au cours des siècles, les institutions se diversifient et se développent.

 

Il n’y a pas à proprement parler « d’ordre monastique », mais un ‘mouvement’ spirituel, une tradition, incluant diverses formes, qui peuvent être regroupées, d’après saint Jean Climaque, en trois catégories principales, ouvertes elles-mêmes à des variantes infinies :

Une tradition

Le monachisme s’est propagé par tradition, de maître à disciple, de père à fils spirituel. Il est avant tout une tradition, non pas une structure juridique ni un ensemble centralisé et institutionnel comme le sont les congrégations religieuses modernes.

Le mouvement monastique, spécialement en Occident, est passé par de nombreuses vicissitudes, par des périodes de décadence et de réforme, mais il reste vivant jusqu’à aujourd’hui.

 

Saint Benoît nous dit : nous avons les écrits des Pères pour nous guider ; mais ceux-ci ne donnent pas de solutions toutes faites à appliquer simplement pour vivre en moine à notre époque.

 

La forme que doit prendre la tradition monastique aujourd’hui ne peut être unique, pas plus qu’elle ne l’a été tout au long de son histoire. Elle ne peut se réduire à un mimétisme des seules formes et institutions auxquelles elle a donné jour aux siècles derniers.

« Je pense que toutes les formes différentes de la vie religieuse se réduisent aux trois suivantes :

  • la première, de vivre dans une solitude parfaite ;

  • la deuxième, de vivre dans le désert, mais avec un ou deux autres moines ;

  • la troisième, de vivre en communauté. »

Skita Patrum est un monastère bénédictin traditionnel.

On y suit la Règle de saint Benoît et les traditions des saints Pères.

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Adresse

Le Presbytère

15150 SAINT-VICTOR

FRANCE